Neuraceq

1.Nom de la préparation

Neuraceq 300 MBq/ml Solution injectable.

2.Composition

3.1.Principe actif

Florbetaben (18F)

3.2.Excipients 

Acide ascorbique    4.4 mg/mL

Éthanol anhydre    118 mg/mL

Macrogol 400      200  mg/mL

Ascorbate de sodium     28.8 mg/mL

Eau pour injection    677.5 mg/mL

3.3.Spécifications

·Radionucléide    [18F]-fluor

·Pureté du radionucléide   99%

·Pureté radiochimique   95%

3.Forme galénique et quantité de principe actif par unité

Produit radiopharmaceutique prêt à l’emploi pour application directe par voie intraveineuse.

Solution limpide et incolore.

Chaque ml de solution injectable contient 300 MBq de florbetaben (18F) au moment de calibration, qui est indiqué sur l’emballage. Un flacon contient entre 1ml et 10 ml de solution injectable. L'activité par flacon est comprise entre 300 et 3000 MBq au moment de calibration.

4.Indications/possibilités demploi

Ce médicament est à usage diagnostique uniquement.

Neuraceq est un produit radiopharmaceutique indiqué pour l’évaluation par la tomographie par émission de positrons (TEP) de la densité des plaques séniles β amyloïdes dans le cerveau des patients adultes atteints de troubles cognitifs, pour le diagnostic de la maladie d'Alzheimer (MA) ou d'autres causes de troubles cognitifs. Neuraceq doit être utilisé en association avec une évaluation clinique.

Un examen négatif montre l'absence de plaque ou la présence de plaques éparses, infirmant ainsi le diagnostic de MA. Pour les limites relatives à l'interprétation d'un examen positif, voir rubriques 8.4 et 14.

5.Posologie/mode demploi

La TEP au florbetaben (18F) doit être prescrite par des cliniciens expérimentés dans la prise en charge clinique des maladies neurodégénératives.

Les images obtenues avec le Neuraceq doivent uniquement être interprétées par des médecins nucléaires formés à l'interprétation des images de TEP avec le florbetaben (18F). En cas d'incertitude concernant la localisation de la substance grise et de la frontière substance blanche/grise sur l'image de TEP, il est recommandé d'utiliser des images récentes obtenues par tomodensitométrie (TDM) ou imagerie par résonance magnétique (IRM) de façon à obtenir des images fusionnées TEP-TDM ou TEP-IRM (voir rubrique 8.4, Interprétation des images obtenues avec le Neuraceq).

Il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour cet examen.

6.4.Posologie

L'activité recommandée chez l'adulte est de 300 MBq de florbetaben (18F). La dose maximale à injecter est de 360 MBq et la dose injectée minimale ne doit pas être inférieure à 240 MBq. Le volume de Neuraceq à injecter peut varier de 0.5 à 10 ml de façon à délivrer l'activité cible de 300 MBq au moment de l'administration intraveineuse.

6.5.Populations spéciales

Patients âgés

Aucun ajustement posologique n'est recommandé en fonction de l'âge.

Patients atteints d'insuffisance rénale et hépatique

L'activité à administrer doit être considérée avec attention, une augmentation de l'exposition aux rayonnements étant possible chez ces patients. Voir rubrique 8.2.

Aucune étude approfondie sur la marge posologique et l'ajustement n'a été réalisée avec ce médicament dans les populations normales et spécifiques. La pharmacocinétique du florbetaben (18F) chez les patients atteints d'insuffisance rénale ou hépatique n'a pas été caractérisée.

Population pédiatrique

Il n'y a pas d'utilisation justifiée de Neuraceq dans la population pédiatrique.

6.6.Mode dadministration

Neuraceq est destiné à un usage multidose et par voie intraveineuse.

L'activité du florbetaben (18F) doit être mesurée avec un activimètre (calibrateur de dose) juste avant l'injection.

Florbetaben (18F) ne doit pas être dilué.

La dose est administrée par injection intraveineuse lente en bolus (6 sec/ml) suivie d'un rinçage avec environ 10 ml de solution injectable de chlorure de sodium 9 mg/ml (0.9 %) pour garantir l'administration de la dose entière. Si le volume d'injection est compris entre 0.5 et 1 ml, seules des seringues de taille appropriée (1 ml) doivent être utilisées et la seringue doit être rincée avec une solution de chlorure de sodium (voir rubrique 17.5).

L'injection du florbetaben (18F) doit se faire par voie intraveineuse, afin d'éviter l'irradiation pouvant résulter d'une extravasation locale et les artéfacts d'imagerie.

6.7.Acquisition des images

Les images TEP seront acquises environ 90 minutes post-injection IV de florbetaben (18F) et dureront environ 20 minutes.

Les patients doivent être en décubitus dorsal et leur tête doit être positionnée de sorte à centrer le cerveau, cervelet y compris, dans le champ de vue du scanner TEP. Il est possible d'utiliser de l'adhésif ou d'autres dispositifs de contention flexibles pour réduire les mouvements de la tête. La reconstruction doit comprendre la correction de l'atténuation permettant d'obtenir des coupes transaxiales avec des pixels de taille comprise entre 2,0 et 3,0 mm.

6.Dosimétrie

Le tableau ci-dessous présente la dosimétrie telle que calculée à l'aide du logiciel OLINDA (Organ Level INternal Dose Assessment).

Les doses de rayonnement estimées absorbées par les organes sont énumérées dans le Tableau 1, d'après des données obtenues sur des volontaires sains caucasiens (n = 17). Les calculs de dosimétrie ont été adaptés au modèle adulte (avec un poids corporel de 70 kg).

Tableau 1 : Doses à l’organe estimées absorbées dans le cadre d'une injection intraveineuse de Neuraceq à des sujets caucasiens

Organe

Dose à l’organe absorbée par unité d’activité administrée [mGy/MBq]

Surrénales

0,0130

Cerveau

0,0125

Seins

0,0074

Vésicule biliaire

0,137

Tractus gastro-intestinal

 Gros intestin inférieur

0,0351

 Intestin grêle

0,0314

 Estomac

0,0116

 Gros intestin supérieur

0,0382

Coeur

0,0139

Reins

0,0238

Foie

0,0386

Poumons

0,0148

Muscles

0,00948

Ovaires

0,0156

Pancréas

0,0139

Moelle osseuse rouge

0,0122

Cellules ostéogéniques

0,0148

Peau

0,00689

Rate

0,0102

Testicules

0,00913

Thymus

0,00892

Thyroïde

0,00842

Vessie

0,0695

Utérus

0,0163

Autres organes

0,0110

Dose efficace (mSv/MBq)

0,0193

 

La dose efficace résultant de l'administration d'une activité recommandée maximale de 360 MBq pour un adulte de 70 kg est d'environ 7,0 mSv. Si un examen TDM est pratiqué simultanément dans le cadre de l'examen TEP, l'exposition aux radiations ionisantes augmentera d'une façon qui dépendra des réglages utilisés pour l'examen TDM. Pour une activité injectée de 360 MBq, la dose d'irradiation absorbée habituelle dans l'organe cible (le cerveau) est de 4,5 mGy.

Pour une activité injectée de 360 MBq, les doses d'irradiation absorbée habituelle délivrées aux principaux organes sont de 49,3 mGy (vésicule biliaire), 25,0 mGy (vessie), 13,8 mGy (paroi du gros intestin supérieur), 12,6 mGy (paroi du gros intestin inférieur), 11,3 mGy (intestin grêle) et 13,9 mGy (foie).

7.Contre-indications

Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients.

8.Mises en garde et précautions

9.8.Bénéfice individuel/justification des risques

Chez chaque patient, l'exposition aux rayonnements doit se justifier sur la base du bénéfice attendu. L'activité administrée doit, dans tous les cas, être aussi basse que raisonnablement possible pour obtenir l'information diagnostique requise.

9.9.Patients atteints d'insuffisance rénale et hépatique

Chez ces patients, le rapport bénéfice/risque doit être soigneusement considéré, une augmentation de l'exposition aux rayonnements étant possible chez ces patients. Le florbetaben (18F) est principalement excrété par le système hépatobiliaire et les patients atteints d'insuffisance hépatique sont potentiellement plus exposés aux rayonnements. Voir rubrique 5.2.

9.10.Population pédiatrique

Il n'y a pas d'utilisation justifiée de Neuraceq dans la population pédiatrique.

9.11.Interprétation des images obtenues avec le Neuraceq

Les images obtenues avec le Neuraceq doivent uniquement être interprétées par des médecins nucléaires formés à l'interprétation des images de TEP avec le florbetaben (18F). Un examen négatif montre une densité nulle ou légère de plaque β-amyloïde corticale. Un examen positif montre une densité modérée à fréquente. Des erreurs d'interprétation des images dans l'estimation de la densité des plaques séniles β-amyloïdes du cerveau, notamment des faux négatifs et des faux positifs, ont été observées.

Les images de TEP sont interprétées selon des coupes transaxiales à l'aide d'une échelle de gris. Le médecin nucléaire doit comparer l'intensité du signal de la substance grise corticale à l'intensité maximale du signal de la substance blanche. Les images doivent être visualisées de façon méthodique (Figure 1) en commençant au niveau du cervelet, puis en remontant vers les lobes temporaux et frontaux latéraux jusqu'à la zone du cortex cingulaire postérieur et du précunéus pour finalement atteindre les lobes pariétaux.

L'interprétation des images se fait visuellement, en comparant l'activité dans la substance grise corticale avec l'activité dans la substance blanche corticale adjacente. Chacune de ces régions cérébrales, à savoir le lobe temporal latéral, le lobe frontal, le cortex cingulaire postérieur, le précunéus et les lobes pariétaux, doit être systématiquement estimée visuellement et évaluée d'après le score RCTU (Regional Cortical Tracer Uptake) (Tableau 2).


Tableau 2: Définitions de l'échelle d'évaluation RCTU (Regional Cortical Tracer Uptake [fixation corticale régionale du traceur])

Score RCTU

Conditions d‘évaluation

1 Absence de fixation du traceur

La fixation du traceur (c.-à-d. l'intensité du signal) dans la substance grise au niveau de la région concernée est inférieure à celle observée dans la substance blanche.

2 Fixation modérée du traceur

Zone(s) plus petite(s) de fixation du traceur dans la substance grise supérieures ou égales à celles observées dans la substance blanche, se prolongeant au-delà du bord de la substance blanche jusqu'au bord cortical externe et observées sur la majorité des coupes concernant la région en question.

3 Fixation prononcée du traceur

Une zone confluente importante de fixation du traceur dans la substance grise supérieure ou égale à celle observée dans la substance blanche, se prolongeant au-delà du bord de la substance blanche jusqu'au bord cortical externe et observée sur la majorité des coupes concernant la région en question.

Remarque : pour l'attribution d'un score de fixation du traceur dans le cortex, l'observation doit avoir été faite sur la majorité des coupes concernant la région en question.

Figure 1 : Cas de TEP au Neuraceq montrant des exemples de TEP au florbetaben (18F) négatives (ligne du haut) et positives (ligne du bas).

FR-graph

 

Le résultat global de l'évaluation visuelle de l'examen de TEP est basé sur l'individu qui interprète les images ; il s'agit d'un résultat binaire, à savoir « positif » ou « négatif ». Un sujet est considéré comme « positif » ou « négatif » d'après le score BAPL (Brain Amyloid Plaque Load) (Tableau 3) qui est dérivé des scores RCTU dans les quatre régions cérébrales (Tableau 2).


Tableau 3: Définitions du score BAPL (Brain Amyloid Plaque Load [étendue de la plaque amyloïde dans le cerveau]).

Evaluation

Score BAPL

Règle d’évaluation

Examen négatif

1

Examen ne révélant aucun dépôt bêta-amyloïde

Score RCTU 1 dans chacune des 4 régions cérébrales (lobes fronto temporaux, lobes frontaux, cortex cingulaire postérieur/précunéus, lobes pariétaux)

Examen positif

2

Examen révélant un dépôt bêta-amyloïde modéré

Score RCTU 2 dans au moins une des 4 régions cérébrales et aucun score 3 dans ces 4 régions

3

Examen révélant un dépôt bêta-amyloïde prononcé

Score RCTU 3 dans au moins une des 4 régions cérébrales

 

9.12.Limites dutilisation

L'injection du florbetaben (18F) doit se faire par voie intraveineuse, afin d'éviter l'irradiation pouvant résulter d'une extravasation locale et les artéfacts d'imagerie.

Seul, un examen positif ne permet pas de poser le diagnostic de MA ou d'autres troubles cognitifs, le dépôt de plaques séniles dans la substance grise pouvant être observé chez des sujets âgés asymptomatiques et dans certaines démences neurodégénératives (maladie d'Alzheimer, maladie à corps de Lewy, maladie de Parkinson).

Pour les limites d'utilisation chez les patients atteints de déficit cognitif léger (DCL), voir rubrique 14.

L'efficacité du florbetaben (18F) dans la prédiction du développement de la MA ou dans le suivi de la réponse au traitement n'a pas été établie (voir rubrique 14).

Certains examens peuvent être difficiles à interpréter en raison du bruit de l'image, d'une atrophie avec un ruban cortical affiné ou du flou de l'image qui peuvent entraîner des erreurs d'interprétation. En cas d'incertitude sur la localisation de la substance blanche et de la frontière substance grise – substance blanche sur l'image de TEP, et si une image récente de TDM ou d'IRM est disponible, l'interprète doit examiner l'image fusionnée TEP TDM ou TEP IRM pour clarifier la relation entre la radioactivité de la TEP et l'anatomie de la substance grise.

Une fixation accrue a été identifiée dans des structures extra cérébrales comme le visage, le cuir chevelu et l’os. Une activité résiduelle peut parfois être observée dans le sinus sagittal médian (voir rubrique 15).

9.13.Après l‘examen

Tout contact étroit avec des nourrissons et des femmes enceintes doit être limité pendant les 24 premières heures suivant l'injection.

9.14.Mises en garde spécifiques

Ce médicament contient jusqu'à 1,5 mmol (soit 33 mg) de sodium par dose. Cela doit être pris en compte chez les patients suivant un régime hyposodé.

Ce médicament contient 15 % en volume d'éthanol (alcool), soit jusqu'à 1,2 g par dose, ce qui correspond à 30 ml de bière ou à 12,5 ml de vin par dose. Cela peut avoir un effet nocif chez les patients souffrant d'alcoolisme et doit également être pris en compte chez la femme enceinte ou allaitante et chez les populations à haut risque comme les patients atteints de maladie hépatique ou d'épilepsie.

Pour les précautions liées au risque environnemental, voir rubrique 17.6.

9.Interactions

Aucune étude in vivo d'interaction n'a été réalisée.

Dans des dosages de liaison au ligand radioactif avec un large panel de récepteurs, canaux ioniques et transporteurs animaux et humains, aucune liaison significative n'a été observée.

Les études in vitro utilisant des microsomes hépatiques humains n'ont révélé aucun potentiel d'inhibition du système enzymatique du cytochrome P450.

10.Grossesse, allaitement

11.15.Femmes en âge de procréer

Lorsqu'il est prévu d'administrer un produit radiopharmaceutique à une femme en âge de procréer, il est important de déterminer si elle est enceinte ou non. Toute femme n'ayant pas eu ses règles doit être considérée comme enceinte jusqu'à preuve du contraire. Dans le doute, (si la femme a un retard de règles, si les règles sont très irrégulières, etc.), d'autres techniques n'impliquant pas l'emploi de radiations ionisantes (le cas échéant) doivent être proposées à la patiente.

11.16.Grossesse

Les examens utilisant des radionucléides chez la femme enceinte entraînent également l'irradiation du fœtus. Seuls les examens essentiels doivent par conséquent être pratiqués pendant la grossesse, dans les cas où le bénéfice prévu est largement supérieur au risque encouru par la mère et le fœtus.

Aucune étude n'a été réalisée chez la femme enceinte. Aucune étude n'a été réalisée chez l'animal pour évaluer les effets de florbetaben (18F) sur la reproduction (voir rubrique 16).

11.17.Allaitement

On ignore si le florbetaben (18F) est excrété dans le lait maternel humain au cours de l'allaitement. Avant d'administrer un produit radiopharmaceutique à une mère allaitante, il convient d'envisager la possibilité de repousser l'administration du radionucléide jusqu'à la fin de l'allaitement et de réfléchir au choix le plus approprié de produit radiopharmaceutique, en gardant à l'esprit que la radioactivité passe dans le lait maternel. Si l'administration est considérée comme nécessaire, l'allaitement doit être suspendu pendant 24 heures et le lait produit pendant cette période doit être éliminé.

Tout contact étroit avec des nourrissons doit être limité pendant les 24 premières heures suivant l'injection.

11.18.Fertilité

Aucune étude de fertilité n'a été réalisée.

11.Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Aucune étude n’a été réalisée à ce sujet.

12.Effets indésirables

13.19.Résumé du profil de sécurité

Le profil de sécurité global de Neuraceq repose sur des données obtenues sur 1090 administrations de Neuraceq à 872 sujets et 12 sujets ayant reçu un excipient. L'administration répétée à des intervalles d'un an n'a révélé aucune différence au niveau du profil de sécurité après la première, la deuxième ou la troisième administration.

13.20.Liste des effets indésirables

Les fréquences sont définies comme suit : très fréquent (≥1/10) ; fréquent (≥1/100, <1/10) ; peu fréquent (≥1/1 000, <1/100) ; rare (≥1/10 000, <1/1 000) ; très rare (<1/10 000) ; fréquence indéterminée (ne peut pas être estimée sur la base des données disponibles). Bien que ces effets indésirables puissent en réalité survenir à des fréquences moindres que celles indiquées ci-dessous, la taille de la base de données source n'a pas permis l'attribution de catégories de fréquence inférieures à la catégorie « peu fréquent » (≥1/1 000, <1/100).

Classes d‘organes

Effets indésirables

Fréquence

7

Affections gastro-intestinales

diarrhée, nausées

Peu fréquent

8

Troubles généraux et anomalies au site d'administration

irritation au site d'injection, douleur au site d'injection, érythème au site d'application/d’'injection

Fréquent

 

 

douleur au site d'insertion du cathéter, gêne au site d'injection, hématome au site d'injection, chaleur au site d'injection, réaction au site de ponction, douleur au site de ponction du vaisseau, fatigue, sensation de chaleur, pyrexie.

Peu fréquent

9

Affections hépatobiliaires

anomalie de la fonction hépatique

Peu fréquent 

13

Investigations

augmentation de la créatininémie.

L'exposition aux radiations ionisantes peut éventuellement induire des cancers ou favoriser le développement d'anomalies héréditaires. La dose efficace étant de 5,8 mSv environ pour une activité maximale recommandée de 300 MBq de florbetaben (18F), la probabilité de survenue de tels effets indésirables est faible.

Peu fréquent 

15

Affections musculo-squelettiques et systémiques

gêne au niveau des membres, douleurs au niveau des extrémités

Peu fréquent 

17

Affections du système nerveux

sensation de brûlure, céphalées, névralgie, tremblements

Peu fréquent 

23

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

hyperhidrose, éruption cutanée, éruption cutanée toxique

Peu fréquent 

26

Affections vasculaires

rougeur du visage, hématome, hypotension

Peu fréquent 

13.Surdosage

Etant donné la faible quantité de florbetaben (18F) dans chaque dose, un surdosage n'est pas censé entraîner d'effets pharmacologiques. En cas de surdosage, la dose effective attendue due à l’irradiation doit être réduite autant que possible en augmentant l'élimination du radionucléide de l'organisme par des mictions et des défécations fréquentes. Il peut être utile d'estimer la dose effective due à l’irradiation.

14.Propriétés / Effets

Classe pharmacothérapeutique : autres produits radiopharmaceutiques à usage diagnostique, système nerveux central, code ATC : V09AX06.

15.21.Propriétés physiques

Le fluor (18F) se désintègre en oxygène stable (18O) avec une demi-vie d'environ 110 minutes en émettant un rayonnement positronique de 634 keV, suivi d'un rayonnement photonique d'annihilation de 511 keV.

15.22.Mécanisme d‘action

Le florbetaben (18F) se lie aux plaques séniles β-amyloïdes dans le cerveau. In vitro, le florbetaben (18F) présente une affinité nanomolaire pour les fibrilles β-amyloïdes synthétiques et pour l'homogénat de cerveau atteint de la MA. En outre, la liaison du florbetaben (18F) aux plaques β-amyloïdes dans des sections de cerveau atteint de la MA post mortem a été démontrée par autoradiographie et étayée par immunohistochimie ou coloration de Bielschowsky.

Chez des patients en fin de vie, la corrélation quantitative in vivo entre la fixation du florbetaben (18F), dans la substance grise corticale et les dépôts bêta-amyloïdes dans les échantillons d'autopsie n'a pas été évaluée. La liaison in vivo du florbetaben (18F) aux autres structures amyloïdes ou aux autres structures ou récepteurs cérébraux reste inconnue.

15.23.Effets pharmacodynamiques

Aux concentrations chimiques faibles présentes dans Neuraceq, le florbetaben (18F) n'a pas d'activité pharmacodynamique détectable.

Dans les essais cliniques achevés, la fixation du florbetaben (18F) dans 7 zones corticales prédéfinies du cerveau (lobe frontal, lobe pariétal, lobe temporal latéral et médial, occipital, noyau caudé, cortex cingulaire postérieur/précunéus et circonvolution cingulaire antérieure) et dans le cortex cérébelleux a été mesurée quantitativement à l'aide des valeurs de fixation normalisées (Standardized Uptake Values, SUV). Les ratios de SUV corticales (SUVR par rapport au cortex cérébelleux) sont plus élevés chez les patients atteints de MA par rapport à ceux observés chez les volontaires sains.

15.24.Efficacité clinique

Une étude pivot réalisée sur 31 patients en fin de vie avait pour objectif de déterminer la performance diagnostique du florbetaben (18F) à détecter la densité des plaques séniles corticales (nulle ou légère contre modérée ou fréquente), d'après les critères CERAD. Les résultats de TEP ont été comparés avec la densité maximale des plaques séniles mesurée sur des sections de la circonvolution frontale médiane, des circonvolutions temporales supérieure et médiane, du lobe pariétal inférieur, de l'hippocampe et d'autres régions cérébrales à l'autopsie du patient. Le statut cognitif des patients n'a pas pu être déterminé de manière fiable. Pour les 31 patients, une lecture visuelle individuelle en aveugle de la TEP par 3 médecins nucléaires en a résulté en une sensibilité de l'interprétation majoritaire de 100 % (IC à 95 % : 80,5 à 100 %) et une spécificité de 85,7 % (IC à 95 % : 67,4 à 100 %). Dans une analyse post hoc, la sensibilité et la spécificité de l'interprétation majoritaire de la lecture visuelle individuelle de TEP par rapport à l'histopathologie dans une plus grande population (74 patients) étaient respectivement de 97,9 % (IC à 95 % : 93,8 à 100 %) et de 88,9 % (IC à 95 % : 77 à 100 %).

La sensibilité et la spécificité du florbetaben (18F) pour estimer le dépôt bêta-amyloïde ont été également étudiées dans une étude supplémentaire dans laquelle un groupe différent de 5 médecins nucléaires en aveugle formés sur support électronique a interprété les images obtenues sur 54 sujets suivis jusqu'à l'autopsie dans l'étude pivot. Les critères d'histopathologie ne correspondaient pas aux critères CERAD. Les résultats étaient inférieurs aux résultats obtenus dans l'étude pivot : une sensibilité comprise entre 77,5 et 90 % et une spécificité comprise entre 62,5 et 85,7 %. L'accord inter-évaluateurs d'après les valeurs de kappa selon Fleiss était compris entre 0,68 et 0,87. En comparant les résultats de la lecture de la TEP avec l'évaluation histopathologique obtenue pour tous les sujets (la même utilisée dans l'étude pivot d'origine et son analyse post-hoc), la sensibilité et la spécificité de l'interprétation majoritaire était respectivement de 100 % (IC à 95 % : 89,4 à 100 %) et 71,4 % (IC à 95 % : 52,1 à 90,8 %).

Dans une étude longitudinale, 45 patients ayant reçu le diagnostic clinique de déficit cognitif léger (DCL) ont subi des examens TEP initiaux au florbetaben (18F) et ont été suivis pendant 24 mois pour évaluer la relation entre l'imagerie au florbetaben (18F) et les modifications du statut diagnostique. Au total, 29 (64,4 %) patients atteints de DCL étaient positifs d'après l'examen TEP au florbetaben (18F). Lors du suivi à 24 mois, 19 (42,2 %) étaient passés au diagnostic clinique de MA. Sur les 29 patients atteints de DCL ayant présenté un examen TEP positif, 19 (65,5 %) ont été cliniquement classés comme passés à un diagnostic clinique de MA après 24 mois, par rapport à 0 (0 %) des 16 patients ayant présenté un examen négatif. La sensibilité de la TEP au florbetaben (18F) à montrer le taux de conversion d'un TCL en MA chez 19 patients convertis était de 100 % et la spécificité chez 26 patients non convertis était de 61,5 % (IC à 95 % : 42,8 à 80,2 %) ; le rapport de vraisemblance était de 2,60 (1,60 à 4,23). Le plan de cette étude ne permet pas d'estimer le risque de progression d'un TCL en MA clinique.

15.25.Population pédiatrique

Il n'y a pas d'utilisation justifiée de Neuraceq dans la population pédiatrique.

15.Pharmacocinétique

16.26.Distribution

Après injection intraveineuse en bolus, une concentration de radioactivité de 2 à 3 % de la dose injectée/l est obtenue dans le plasma artériel 10 minutes après l'injection.

Le florbetaben (18F) est fortement lié aux protéines plasmatiques (> 98,5 %).

16.27.Fixation aux organes

La fixation de la radioactivité dans le cerveau est rapide, atteignant environ 6 % de la radioactivité injectée 10 minutes après l'injection.

Les témoins sains ont présenté des taux relativement faibles de rétention de florbetaben (18F) dans le cortex. Le taux de fixation le plus élevé est observé au niveau du pons et d'autres régions de la substance blanche. Chez les patients atteints de MA, les régions corticales et les régions striatales présentent une fixation significativement plus importante que chez les témoins. Chez les patients atteints de MA, une rétention importante est observée au niveau du pont et d'autres zones de la substance blanche.

Dans certains cas, une fixation a également été identifiée dans des structures extra-cérébrales comme le visage et le cuir chevelu. La cause de cette accumulation n'est pas connue mais peut être due à l'accumulation du florbetaben (18F) ou de l'un de ses métabolites radioactifs, ou encore à la radioactivité du sang. Une activité résiduelle peut parfois être observée dans le sinus sagittal médian, probablement due à la présence du traceur dans le pool sanguin.

La base biophysique de la rétention de florbetaben (18F) dans la substance blanche du cerveau de l'être humain ne peut pas être catégoriquement expliquée. L'hypothèse selon laquelle la liaison non spécifique du produit radiopharmaceutique à la gaine de myéline contenant les lipides pourrait contribuer à la rétention dans la substance blanche a été formulée.

16.28.Elimination

Le florbetaben (18F) est éliminé du plasma des patients atteints de MA avec une demi-vie biologique moyenne d'environ 1 h. Aucune radioactivité n'a été mesurée dans le sang environ 4 heures après l'injection.

D'après les études in vitro, le florbetaben (18F) est principalement métabolisé par le CYP2J2 et le CYP4F2.

12 heures après l'injection, jusqu'à environ 30 % de la radioactivité injectée sont excrétés dans les urines. Les échéances ultérieures n'ont pas permis de quantifier une quelconque activité dans les urines.

16.29.Demi-vie

Le fluor (18F) a une demi-vie physique de 110 minutes.

12 heures après l'injection, 98,93 % de l'activité s'est affaiblie ; 24 heures après l'injection, 99,99 % de l'activité s'est affaiblie.

16.30.Insuffisance rénale/hépatique

La pharmacocinétique chez les patients atteints d'insuffisance rénale ou hépatique n'a pas été caractérisée.

16.Données précliniques

Les données non cliniques issues des études conventionnelles de pharmacologie de sécurité, toxicologie en dose unique et répétée et génotoxicité n'ont pas révélé de risque particulier pour l'homme. La toxicité potentielle de 28 jours d'injections intraveineuses répétées de florbetaben a été évaluée chez des rats et des chiens, et la dose sans effet toxique observable (NOAEL) s'est avérée au moins 20 fois supérieure à la dose maximale administrée chez l'humain.

Aucune étude chronique et de cancérogénicité n'a été réalisée, le médicament n'étant pas destiné à être administré de façon régulière ou continue.

Aucune étude de reprotoxicité n'a été réalisée.

17.Remarques particulières

18.31.Incompatibilités

En l'absence d'études de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé avec d'autres médicaments.

18.32.Influence sur les méthodes de diagnostic

Voir 8.5.

18.33.Stabilité

Jusqu'à 10 heures à compter de la production (fin de la synthèse). Le médicament peut seulement être utilisé jusqu’à l’heure du jour de production indiquée par EXP sur l'emballage.

18.34.Remarques concernant le stockage

Le médicament doit être conservé à température ambiante (15 - 25°C) dans son emballage d’origine et le récipient de plomb.

18.35.Instructions pour la préparation des radiopharmaceutiques

Méthode de préparation

L'emballage doit être vérifié avant l'utilisation et l'activité mesurée avec un activimètre (calibreur de doses). Florbetaben (18F) ne doit pas être dilué. Les prélèvements de solution doivent être effectués dans des conditions aseptiques. Les flacons ne doivent pas être ouverts avant d'avoir désinfecté le bouchon. La solution doit être prélevée à travers le bouchon à l'aide d'une seringue à usage unique équipée de la protection appropriée et d'une aiguille jetable stérile ou d'un système d'administration automatique autorisé. Si l'intégrité du flacon est compromise, le médicament ne doit pas être utilisé.

Contrôle qualité

La solution doit être inspectée visuellement avant l'utilisation. Seules les solutions limpides sans particule visible doivent être utilisées.

18.36.Dispositions légales

L’utilisation de substances radioactives chez l’homme est réglementée par l’ordonnance sur la radioprotection. Le maniement de substances radioactives est soumis à l’obtention d’un agrément délivré par Office fédéral pour la santé publique. Le maniement de substances radioactives ainsi que l’élimination des déchets radioactifs produits doivent respecter les mesures de protections décrites dans l’ordonnance mentionnée ci-dessous, afin d’éviter toute irradiation inutile d’un patient ou du personnel traitant. Les solutions radioactives non utilisées ainsi que les containers contaminés par ces dernières doivent impérativement être conservées dans une pièce destinée à la décroissance de la radioactivité, jusqu’à diminution de la radioactivité en dessous du seuil de dérogation du nucléide concerné. L’ordonnance sur la radioprotection est à appliquer (ORap, SR 814.501).

18.Numéro dautorisation

66210

19.Présentation

Le médicament est disponible en flacon en verre de type 1 multidose incolore de 15 ml muni d'un bouchon en chlorobutyle et d'une capsule en aluminium.

Chaque flacon unidose contient de 1.0 à 10 ml de solution, ce qui correspond à 300 à 3000 MBq à la date et heure de calibration.

En raison de différences au niveau du processus de fabrication, il est possible que certains flacons soient distribués avec des bouchons en caoutchouc percés.

Taille du conditionnement : un flacon

Catégorie de remise: A

20.Titulaire de lautorisation

SWAN Isotopen AG

SWAN-Haus

Inselspital

CH-3010 BERN

21.Mise à jour de linformation

Mars 2017